Garantir un salaire vital, une valeur à défendre

Garantir un salaire vital, une valeur à défendre
Couverture du livre Fashion, par Catherine Dauriac – Collection Fake or not, Tana Editions

Prendre ses responsabilités, c’est un engagement envers les autres mais d’abord envers soi. La volonté de rester fidèle à ses convictions commence par les petits gestes du quotidien. Cela va du sourire qui transmet un brin d’empathie jusqu’à l’acte d’achat réalisé en pleine conscience. Si le premier peut apporter une douce réassurance, le second peut impacter durablement la nature et l’économie.

« Nos achats de mode peuvent avoir un lourd bilan environnemental et social, et nous avons le pouvoir de changer cela, en refusant les situations d’inégalités et de violation des droits humains au travail, grâce à des choix alternatifs de consommation », a rappelé Cécile Duflot, présidente d’Oxfam France, au cours de la table ronde « Le salaire vital, quelles lois ?». Ce débat réunissait également Catherine Dauriac, président de l’association Fashion Revolution France et Valeria Rodriguez, Responsable du pôle Plaidoyer chez Max Havelaar dans le cadre de Fashion Revolution Week à l’Académie du climat le 20 avril dernier.

Qui dit bas, dit salaire indécent

On le sait, tant que les consommateurs persisteront à acheter un tee-shirt pas cher, la fast-fashion, autrement dit la mode jetable, perdurera, ainsi que les salaires de misère des personnes qu’elle emploie. Selon Oxfam France, les femmes représentent 60 millions de travailleurs au sein de l’industrie textile dans le monde, avec un volume horaire moyen journalier de 12 heures. Sur un t-shirt vendu 29€ en magasin, les ouvrières de la chaîne textile touchent uniquement 0,18€, soit 0,6% du prix du produit.

« Depuis 30 ans, la valeur des vêtements a chuté avec le développement de la fast fashion », a renchéri Catherine Dauriac. 

Renforcer le devoir de vigilance

Certes les clients doivent accepter qu’un T-shirt ne peut pas coûter 2 euros. Mais il appartient en premier lieu aux donneurs d’ordre d’engager leur responsabilité et d’imposer des conditions de salaire décentes. Ce devoir de vigilance a d’ailleurs abouti à une loi en 2017. Obligation est faite aux grandes multinationales françaises de publier et mettre en œuvre un plan de vigilance. Celui-ci permet d’identifier et de prévenir les risques d’atteintes aux droits humains et à l’environnement que peut causer leur activité, mais également celle de leurs filiales et de leurs sous-traitants et fournisseurs, en France comme à l’étranger. 

Cependant, Catherine Dauriac souligne que cette loi de vigilance n’est pas soumise à une contrainte financière. Ce qui la rend peu efficace.

Soufflant un vent d’espoir, Valeria Rodriguez de Max Havelaar a évoqué en conclusion les premières certifications de marques de mode garantissant un salaire vital. Du côté des consommateurs, les mentalités évoluent également. Selon un sondage réalisé par Opinion WAY, 60% des Français sont prêts à boycotter une marque qui ne produit pas de vêtements équitables.

Et vous, quelles sont les valeurs que vous êtes prêt à défendre pour votre entreprise ?

N’hésitez pas à me contacter pour un premier rendez-vous sans engagement.

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